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Palestine - Israël : relations frontalières

Palestine / Israël : espace, conflits et relations complexes


Palestiniens et Israéliens : à la recherche de la paix
 

Les relations entre Palestiniens et Israéliens sont marquées depuis plus de 60 ans par le conflit et la guerre.
La Palestine divisée du fait de la création de l'Etat d'Israël (en 1947) est devenue au fil des années le terrain d'affrontement de plusieurs forces militaires et politiques. Les forces régionales (Syrie, Egypte, Jordanie, Irak, Iran...), mais aussi les puissances occidentales (Britanniques, Français, Américains, Russes...) interviennent et influencent sur le quotidien des populations palestiniennes mais aussi israéliennes.
Mur de séparation à Jérusalem - QalandiyaLe Mur en construction permanente, à proximité de Qalandiya, principal point de passage entre Ramallah et Jérusalem. © Fabien Guillot 2005 Si les palestiniens sont soumis à une répression permanente et quasi systématique, la population israélienne vit dans la peur et s'enferme sur elle-même. Les discours politiques sécuritaires maintiennent la pression permanente et les attaques suicides renforcent les peurs et les camps politiques les plus radicaux. Les Israéliens vivent dans l'angoisse et le Mur dit de "sécurité" apparait plus comme un symbole de blocage et d'Apartheid... que comme une solution viable et humainement acceptable.
Chez les palestiniens, la répression et les conditions de vie inhumaine, les vexations et humiliations, l'absence d'espoir et les désillusions de voir enfin naitre un Etat palestinien souverain, précipitent là-aussi beaucoup de palestiniens vers les discours et les actes les plus radicaux. Les dernières élections Palestiniennes ont mis au pouvoir le Hamas. Sans doute est-ce l'expression de cette radicalisation des positions que les mauvaise conditions sociales favorisent. Le peuple palestinien continue de survivre bien que les aides financières de l'Union Européenne et des Etats-Unis soient suspendues. Pour l'heure, les solutions politiques apparaissent bien maigres tant le recours à la force est devenu la règle comme en témoigne les combats qui se mènent en Cisjordanie et à Gaza depuis plusieurs semaines, ou encore au Liban...
La situation en Palestine évolue chaque jour ou presque. Il est donc difficile de suivre l'ensemble des évènements sans en oublier ou pire procéder par simplifications et caricatures. Plusieurs sites internet proposent des analyses approfondies de cette actualité, je vous invite à rendre visite à ces sites.




L'ESPACE comme ENJEU
Mur de "sécurité" / Colonisation : cloisonnement et apartheid

Mur de séparation, Jérusalem - © Fabien Guillot 2005Tour d'observation sur le Mur, à proximité de Qalandiya, principal point de passage entre Ramallah et Jérusalem. © Fabien Guillot 2005

Le but est ici de vous présenter quelques grandes lignes de repère pour appréhender la complexité des relations entre Israéliens et Palestiniens.
Mes recherches sur les relations frontalières autour de l'Etat d'Israël m'ont amené à porter une attention particulière à la question de la construction du Mur, à celle de la colonisation. Ce sont ces deux angles que je vous propose de développer progressivement au fil des mises à jour...
Derrière ces deux axes, la question de l'appropriation sociale de l'espace se pose avec force et violence. L'emprise sur l'espace, sur la "terre" comme on entend souvent, matérialise le conflit autour d'une appropriation de l'espace. La construction du Mur comme la colonisation en Cisjordanie participent de cette dynamique sociale.
Plus largement, la question que l'on peut poser sous forme d'hypothèse est de savoir si l'analyse des relations frontalières entre Palestiniens et Israéliens permet de comprendre les rapports sociaux, si ces relations frontalières en matérialisent la nature ?


Le Mur. Du cloisonnement à l'apartheid
 

Stop the Wall in PalestineUne campagne internationale est lancée afin de :
- Stoper la construction du Mur
- Démanteler la partie déjà construite
- Rendre les terres confisquées pour sa construction
- Donner des compensations pour toutes les pertes occasionnées..

En juin 2002, Israël décide la construction d'un mur le long de la « ligne verte » (la frontière de 1967, avant la guerre de Six Jours), entre la Cisjordanie et le territoire israélien. Le but officiel de ce Mur est d'interdire l'accès aux Palestiniens à Israël. Les différents attentats de Kamikazes palestiniens ont plongé l'ensemble de la société israélienne dans la peur. La construction de ce mur est accueillie pour nombre d'Israéliens comme une réponse à la violence et à l'insécurité qu'ils vivent. Les barrières qui jusque-là existaient entre Israël et la Cisjordanie ne suffisent plus à sécuriser Israël.
Initialement, il est prévu que le mur de huit mètres de haut soit construit en trois ou quatre phases et s'étendre sur 350 km. Les villes cisjordaniennes d'où proviennent les kamikazes, comme Jénine, Naplouse, Tulkarem et Qalqilya, sont totalement isolées de l'État hébreu. Jérusalem sera pour sa part coupée de la Cisjordanie. C'est une véritable logique de cloisonnement qui se met en place.
La première phase du projet prend environ six mois et représente plus de 100 km de construction, contournant Jénine jusqu'à un point au nord-est de Tel-Aviv. Le tout devait être complété en deux ou trois ans. Le coût de ce projet, qui inclut également des zones tampons, des barrages et des postes d'observation est faramineux. Il est question d'un million de $ (us) par kilomètre.
Dans ce mouvement de construction du mur, il est à noter que de nombreux espaces sont de fait annexés car le tracé du mur va bien au-delà du tracé de la "ligne verte". Des blocs de colonies juives situées en Cisjordanie sont également intégrés derrière ce mur et les espaces importants au regard de la superficie de la Cisjordanie se retrouvent interdits aux Palestiniens.
Le cloisonnement des populations palestiniennes derrière ce mur de huit mètres de haut est, en bien des endroits, totalement Kafkaïen. Parfois, des villes ou des quartiers entiers sont coupées en deux, des palestiniens se retrouvant de part et d'autre du Mur. Ce Mur matérialise le cloisonnement et un nouvel apartheid.

Carte de la construction du Mur. Cette carte provient du site "Stop The Wall" édité par PENGON, 2003.


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Colonisation et appropriation de l'espace
 

La colonisation des territoires (normalement attribués aux Palestiniens comme le prévoient les textes internationaux) est un fait qui s'impose par la force aux populations palestiniennes. Les implantations et colonies juives s'égrènent sur l'ensemble de la Cisjordanie. Les retraits effectués dans la bande de Gaza lors du mois d'Août 2005 sont à noter car ils constituent un premier pas. Cependant, nombre d'observateurs de la situation en Palestine considèrent que ces retraits à Gaza sont l'arbre qui cache la forêt. La Cisjordanie est en effet très largement colonisée. L'intérêt de cette colonisation est du point de vue des colons israéliens de s'approprier des terres, souvent cultivables, ou "saintes". C'est sans doute dans ces deux approches que réside l'essentiel des buts. Sans doute pourrions-nous ajouter que cela permet aussi d'interdire de fait toute création d'un Etat Palestinien, spatialement viable, tant les colonies coupent toute continuité spatiale. En bien des endroits, le mur de sécurité coupe spatialement et socialement les palestiniens entre eux...

Les étapes de la colonisation...


Colonie juive de Beit Eil

1) implantations.
La colonisation commence bien souvent par une implantation de quelques colons juifs dont les buts peuvent être politique et religieux. Cette implantation se fait de façon unilatérale. Les autorités israéliennes peuvent être mises devant le fait accompli comme les populations palestiniennes. Mais la plupart du temps, les implantations sont planifiées.
Ce premier stade, s'il peut s'inscrire dans la durée, doit permettre ensuite de rendre cette implantation plus viable, construite solidement. Les habitations de ces premiers instants de la colonisation sont souvent des mobil Home, autour desquels se trouvent les lieux de cultures et d'activité. L'implantation se construit comme un camp retranché, entouré de fils barbelés, avec des tours et des locaux d'observation des alentours, avec des gardiens armés aux entrées...



Colonie juive de Halmisch

2) colonies en dur.
Dans cette seconde phase, l'implantation devient véritablement une colonie au sens de ville nouvelle, exclusivement réservée à des sionistes. La colonie fonctionne presque de façon autonome et les activités économiques lui apportent des moyens financiers pour se développer.
Les familles sont plus nombreuses et la politique de construction et de développement de la colonie entraine une diffusion spatiale de son implantation. Cette croissance peut entrainer des expulsions de palestiniens (expropriation de terres cultivables et de terrains jusque-là occupés par des palestiniens). De véritables lotissements d'habitation sont construits et l'armée assure la protection de la colonie avec le renfort de milices composées de colons autorisés à porter des armes de guerre.



Colonie juive de Halmisch

3) peuplement des colonies.
Enfin, dans le prolongement de la seconde phase, la colonie doit prospérer. Pour cela la politique de peuplement de la colonie doit apporter des forces nouvelles. La question du nombre se pose alors de façon centrale.
La démographie est aussi un enjeu dans l'esprit des colonssionistes. Les équipements sociaux en direction des mères et des enfants démontrent tout l'intérêt et l'aspect capital que représente l'accroissement naturel au sein des colonies.
Par ailleurs, il est à noter que ce sont souvent des "néo-israéliens", c'est-à-dire des juifs venant d'arriver en Israël dans le cadre de leur Aliya qui vont renforcer le peuplement des colonies. Ceci peut s'expliquer par divers motifs, parfois religieux, mais aussi très souvent par le fait que de nombreuses aides sont allouées aux nouveaux arrivants qui font le choix d'aller vivre dans une colonie.


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L'emplacement des colonies est-il le fruit du hasard ?
 

Cette question permet de mettre en lumière les stratégies d'appropriation de l'espace, mais aussi de revenir sur la symbolique et le sens de la colonisation.
La colonisation est un acte d'appropriation fort que les colons juifs imposent aux palestiniens par la force, ou tout au moins par une logique de fait accompli. Dès lors, il donne lieu à un processus de résistance à cette spoliation des terres et aux expulsions qui ont lieu.
Dans ce contexte, le choix de l'emplacement répond à des objectifs stratégiques à la fois politiques, économiques et idéologiques. Si on se déplace en Cisjordanie, on peut constater que la topographie des lieux est particulièrement utilisée, prise en compte. Autrement dit, les hauteurs sont souvent des lieux stratégiques d'implantation. L'aspect militaire et défensif guide bien souvent pour une part le choix de s'implanter à tel endroit plutôt qu'à tel autre. Le choix de la hauteur est donc d'un certain point de vu tout à fait logique. A côté de l'approche "militaire" de l'implantation, il y a bien évidemment d'autres critères : la qualité des terres environnantes, plus ou moins propices à la culture ou à une activité économique, la distance par rapport à Israël et aux voies de communications. La question de l'eau représente aussi un intérêt stratégique majeur.
Enfin, on peut aussi analyser ce choix de se placer en hauteur, d'un point de vue plus social. Le fait que la colonie se voit lorsque que le regard se porte au loin, c'est aussi envoyer un message fort qui consiste à rappeler aux palestiniens la présence incontournable des colons israéliens. En se situant sur les hauteurs géographiques la hiérarchie sociale sous-jacente au projet colonial s'en trouve matérialisé aux yeux de tous. C'est comme un rappel incessant à une réalité palestinienne qui se traduit par une absence de souveraineté, d'indépendance et de liberté.
Ainsi, le choix de l'implantation se trouve enlacer entre "voir" et "être vu", symbolisant totalement le pouvoir et la domination.




CONSTRUIRE LA PAIX :
refuser la fuite en avant de la colonisation et de la violence...

Malgré tout, de nombreux israéliens ne partagent pas cette vision coloniale des rapports aux palestiniens. Beaucoup de juifs israéliens acceptent l'idée de vivre en paix avec pour voisins les palestiniens, vivant dans un Etat souverain : la Palestine.
Dans la société israélienne souvent sous l'emprise de la peur, des voix s'élèvent pour refuser la logique coloniale et l'apartheid. Ce discours est assez peu relayé par les médias et parfois sous estimé chez ceux qui entendent défendre les palestiniens. Il existe un camp de la paix. Il rassemble Palestiniens et Israéliens et dépasse les divisions, les murs, les violences et les injustices. Ce camp de la paix est bien souvent passé sous silence ou peu entendu par une société israélienne qui vit dans la peur perpétuelle des attentats commis par les groupes palestiniens les plus durs (Hamas, Djihad islamique, Brigades des martyrs d'Al-Aqsa...). Le sentiment d'insécurité devient réalité au fil des attentats, enlèvements et tirs de roquettes qui jalonnent le quotidien israélien.
Si la cause palestinienne réclamant la liberté de vivre dans un Etat palestinien souverain tant à Gaza qu'en Cisjordanie avec pour capitale Jérusalem Est, est un droit, le choix des modes de lutte de certains palestiniens pour l'obtenir n'est pas sans poser question. C'est une réalité incontestable que les israéliens vivent dans la peur. Toute aussi incontestable que les palestiniens vivent sous occupation militaire, cloisonnés dans des "bantoustans" que le Mur entoure comme des prisons à ciel ouvert. C'est sans doute dans cette occupation et dans l'enfermement qu'elle produit que se renforcent les pires ressentiments à l'égard d'Israël. L'injustice devient insoutenable pour de nombreux palestiniens soumis aux contrôles, vexations et répressions quotidiennement.
Toutefois, cette occupation est elle aussi remise en question. Quelques voix s'élèvent pour refuser de continuer à mener des opérations militaires en Cisjordanie ou à Gaza. Jusque dans les rangs de l'armée, le refus se fait entendre, comme en témoigne cet appel de militaires israéliens.


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Appel de 57 militaires israéliens "Refuzniks"

Les réfuzniks israéliens - Israël - palestine Un livre à lire sur la question des "refuzniks", ces soldats israéliens qui refusent de mener des opérations dans les Territoires palestiniens."Nous, officiers et soldats combattants de réserve de Tsahal, qui avons grandi dans le berceau du sionisme et du sacrifice pour l'Etat d'Israël, qui avons toujours servi en première ligne, qui avons été les premiers, dans toute mission, qu'elle soit facile ou difficile, à défendre l'Etat d'Israël et à le renforcer ;
Nous, officiers et soldats combattants qui servons l'Etat d'Israël pendant de longues semaines chaque année, malgré le prix personnel élevé que nous payons ;
Nous qui avons été en service de réserve dans tous les territoires et qui avons reçu des ordres et des instructions qui n'ont rien à voir avec la sécurité de l'Etat, mais dont le seul objectif est la domination du peuple palestinien ;
Nous qui avons vu de nos yeux le prix sanglant que l'occupation impose aux deux parties en présence ;
Nous qui avons senti comment les ordres que nous recevions détruisaient toutes les valeurs de ce pays ;
Nous qui avons compris que le prix de l'occupation était la perte de l'image humaine de Tsahal et la corruption de toute la société israélienne ;
Nous qui savons que les territoires occupés ne sont pas Israël, et que toutes les colonies sont destinées à être supprimées...
Nous déclarons que nous ne continuerons pas à combattre dans cette guerre pour la paix des colonies, que nous ne continuerons pas à combattre au-delà de la ligne verte pour dominer, expulser, affamer et humilier tout un peuple.
Nous déclarons que nous continuerons à servir Tsahal en toute occasion qui servira la défense de l'Etat d'Israël.
L'occupation et la répression n'ont pas cet objectif. Et nous n'y participerons pas."

(Paru dans Haaretz, 25 janvier 2002)


Des voix israéliennes qui s'élèvent contre la politique de l'Etat israélien

Vraiment, vous ne voyez pas ?

" En tant que Juifs, nous bénéficions tous des privilèges que l’Etat d’Israël nous octroie. Nous sommes dès lors tous des collaborateurs. La question est de savoir ce que chacun d’entre nous fait, de manière véritablement active, directe et quotidienne, pour limiter la collaboration avec un régime de dépossession et d’oppression qui ne connaît pas la satiété."
Laissons de côté les Israéliens qui soutiennent idéologiquement la dépossession du peuple palestinien, sous-produit de « Tu nous as élu [parmi toutes les nations] »
Laissons de côté les juges qui blanchissent n’importe quelle politique militaire de mort et de destruction. Laissons de côté les chefs militaires qui emprisonnent sciemment un peuple entier dans des enclos ceints de murailles, de miradors fortifiés, de mitrailleuses, de fil de fer barbelé, de projecteurs aveuglants.
Laissons de côté les ministres. Tous ceux-là ne sont pas comptés parmi les collaborateurs. Eux, ce sont les architectes, les promoteurs, les concepteurs, les exécutants.
Mais il en est d’autres. Des historiens et des mathématiciens, de grands éditeurs, des stars des médias, des psychologues et des médecins de famille, des juristes qui ne sont pas sympathisants de Goush Emounim ni de Kadima, des enseignants et des éducateurs, des amateurs de randonnées et de chansons entonnées en choeur, des virtuoses de la haute technologie. Où êtes-vous ?
Et qu’en est-il de vous, chercheurs spécialisés dans le nazisme et le génocide, l’antisémitisme et les goulags soviétiques ? Se peut-il vraiment que tous vous souteniez des lois méthodiquement discriminatoires ?
Des lois qui feront que les Arabes de Galilée ne recevront même pas d’indemnités pour les dommages de la guerre, à hauteur des montants auxquels auront droit leurs voisins juifs (Aryeh Dayan, Haaretz, 21 août).
Se peut-il que tous vous souteniez une loi de citoyenneté raciste qui interdit à un Israélien arabe de vivre chez lui avec sa famille ? Que vous vous rangiez du côté de l’expropriation de nouvelles terres encore et de la dévastation d’autres vergers encore, pour offrir encore un quartier aux colons, encore une route pour les Juifs seulement ? Se peut-il que vous appuyiez les tirs d’obus et de missiles qui tuent des vieillards et des enfants dans la Bande de Gaza ? Se peut-il que tous vous soyez d’accord qu’un tiers du territoire de la Cisjordanie (la Vallée du Jourdain) soit fermé aux Palestiniens ? Que tous vous appuyiez la politique israélienne qui empêche à des milliers de Palestiniens citoyens de pays étrangers de rejoindre leur famille dans les Territoires ?
Avez-vous le cerveau à ce point lavé par l’excuse sécuritaire, en vertu de laquelle on interdit à des étudiants de Gaza d’aller étudier l’ergothérapie à Bethlehem et la médecine à Abou Dis, ou à des malades de Rafah de recevoir des soins à Ramallah ? Aurez-vous tôt fait, vous aussi, de vous abriter derrière l’explication « nous ne savions pas » ? Nous ne savions pas que la discrimination pratiquée dans la distribution de l’eau (une distribution sous contrôle israélien) laissait sans eau des milliers de maisons palestiniennes durant tous les mois d’été, nous ne savions pas que lorsque l’armée israélienne bloquait l’entrée de villages, elle empêchait également leur accès aux puits et aux citernes d’eau.
Mais il n’est pas possible que vous ne voyiez pas les portes métalliques tout au long de la route 443 en Cisjordanie, ces portes qui en barrent l’accès à partir des villages palestiniens qui la bordent. Il n’est pas possible que vous souteniez le fait qu’on empêche des milliers d’agriculteurs palestiniens d’accéder à leurs terres et à leurs vergers, que vous souteniez le blocus de Gaza qui empêche l’entrée de médicaments pour les hôpitaux, que vous souteniez la coupure de la fourniture d’électricité et les coups portés à la distribution d’eau pour 1,4 millions de personnes, ou encore la fermeture pendant des mois de la seule issue qu’ils ont sur le monde.
Se peut-il que vous ne sachiez pas ce qui se passe à un quart d’heure de vos chaires d’université ou de vos bureaux ? Vous viendra-t-il à l’esprit que vous soutenez un système dans lequel des soldats hébreux, à des barrages installés au coeur de la Cisjordanie, font s’aligner en file des dizaines de milliers de personnes, chaque jour, sous un soleil de plomb, heures après heures, et font le tri : les habitants de Tulkarem et de Naplouse ne sont pas autorisés à passer ; ceux qui ont 35 ans ou moins : yalla, retour à Jénine ; pour les habitants du village de Salem,il est totalement interdit d’être ici ; une femme malade qui dépasse la file doit apprendre les bonnes manières et elle sera retenue pendant des heures, volontairement.
Le site de « Machsom Watch » est ouvert à tous. On peut y trouver d’innombrables témoignages semblables ou plus durs : activité de tous les jours. Non, il n’est pas possible que celui qui pousse de hauts cris pour chaque croix gammée tracée sur une tombe juive en France et pour tout titre antisémite apparaissant dans un journal local espagnol, ne sache pas comment avoir accès à cette information, ne soit pas choqué et ne pousse pas de hauts cris.
En tant que Juifs, nous bénéficions tous des privilèges que l’Etat d’Israël nous octroie. Nous sommes dès lors tous des collaborateurs. La question est de savoir ce que chacun d’entre nous fait, de manière véritablement active, directe et quotidienne, pour limiter la collaboration avec un régime de dépossession et d’oppression qui ne connaît pas la satiété. Signer une pétition qui se présente et faire un petit bruit de langue désapprobateur, cela ne suffit pas. Israël est une démocratie pour ses Juifs. Notre vie n’est pas mise en danger si nous protestons, nous ne serons pas envoyés dans des camps de prisonniers, nos revenus ne seront pas affectés, et il n’arrivera rien à nos moments de détente au coeur de la nature ou à nos escapades à l’étranger. Mais alors, le poids de la collaboration et de la responsabilité directe n’en est que plus incommensurablement lourd.


Amira Hass
Paru dans Haaretz, 30 août 2006.
Traduction de l’hébreu : Michel Ghys


Chronologie des relations et des conflits israélo-arabes
 

1947-1949 : "la guerre d'Indépendance israélienne" et la "Naqba arabe"

La guerre d'Indépendance appelée aussi Guerre de Libération, débute fin novembre 1947 et s'achève en juillet 1949. Elle marque le début d'un long combat entre peuples juifs et arabes.

1956 : la guerre du Sinaï

Ce second conflit oppose Israël à l'Egypte du 29 octobre au 5 novembre 1956. Cette seconde guerre se situe en même temps pour partie que le conflit autour du canal de suez qui oppose l'Egypte à la France et au royaume-Uni.

Juin 1967 : la guerre des "Six Jours"

En développement...

Octobre 1973 : la guerre de "Yom Kippour"

En développement...

Juin 1982 : "Opération paix en Galilée" (guerre du Liban)

En développement...

Décembre 1987 : début de la Première Intifada.

En développement...

13 septembre 1993 : Accords d’Oslo

En développement...


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Les principales résolutions de l'ONU concernant Israël et la Palestine
Résolution Date Description Type
ES 10 /13

27 octobre 2003

Concerne la construction par l'Etat israélien du Mur dit de "sécurité", en contradiction avec les règles du droit intenrational

format du fichier-pdf
1435

24 septembre 2002

Arrêt des opérations militaires israéliennes à Ramallah, condamnation des attentats

format du fichier-doc
1405

19 avril 2002

Situation sanitaire, humanitaire à Jenine lors des opérations militaires israéliennes

format du fichier-pdf
1397

12 mars 2002

Reconnaissance pour la première fois d'un Etat Palestinien à côté de l'Etat d'Israël

format du fichier-doc
1322

7 octobre 2000

Condamnation des violences israéliennes et des provocations du Premier ministre M. Sharon

format du fichier-doc
3236

22 novembre 1974

Droit inaliénable au retour et à l'indépendance des Palestiniens

format du fichier-doc
338

22 octobre 1973

Appel au Cessez-le-feu (guerre du Yom Kippour) et appel au respect de la résolution 242

format du fichier-doc
242

22 novembre 1967

Appel à l'arrêt des opérations militaires et au retrait des forces israéliennes (guerre de 1967)

format du fichier-doc
194

11 décembre 1948

Sur la situation des réfugiés palestiniens lors de l'exode engendré par le conflit de 1948

format du fichier-doc
181

29 novembre 1947

Sur le partage de la Palestine en un Etat juif, un Etat arabe et une zone « sous régime international particulier ».

format du fichier-doc



Liens vers des sites consacrés à Israël et la Palestine
Sites traitant du sujet Langues

FRANCE-PALESTINE

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GUSH SHALOM

Langue du site - Anglais

INTERNATIONAL SOLIDARITY MOVEMENT (France)

Langue du site - Français

STOP THE WALL

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EUROPALESTINE

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ISRAEL-PALESTINE

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JEWISH VOICE FOR PEACE

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CAMPAGNE CIVILE INTERNATIONALE PROTECTION PEUPLE PALESTINIEN

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PLATEFORME ONG FRANCAISES EN PALESTINE

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ALTERNATIVE INFORMATION CENTER

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ISRAELI COMMITTEE AGAINST HOUSE DEMOLITIONS

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