Obama à la Maison-Blanche: quels changements ?


C’est aujourd’hui que Barck Obama prend officiellement ses fonction de 44è président des États-Unis. Au-delà du battage médiatique et du symbole fort qu’il représente en tant que premier noir américain a accéder à la fonction suprême. Pays d’immigration, d’assimilation mais  aussi  pays où le racisme et la ségrégation raciale sont toujours présents, beaucoup de défis attendent celui qui s’est présenté comme le candidat du champs des possibles avec son fameux slogan de campagne « Yes, we can ».

Obama le candidat de l’espérance et du changement

Barack Obama pour le changement

Barack Obama pour le changement

Le formidable élan d’espoir du candidat élu Barack Obama ne semble pas être retombé depuis son élection en novembre 2008. Plus de 2 millions d’américains se pressent à Washington pour assister à la cérémonie historique de sa prise de fonction, après qu’il ait prêté serment. Le formidable enthousiasme que sa candidature, puis sa campagne et enfin son élection ont soulevé, sont venu à bout de bien des obstacles dans un pays profondément divisé par l’accroissement des inégalités sociales, par une crise économique profonde, avec une société en proie au doute, en guerre depuis 2002 en Afghanistan puis en Irak…

Pour de nombreux américains, notamment celles et ceux qui ont connu la période sombre de la ségrégation, tous ces noirs américains qui ont combattu pour faire reconnaitre leur droit à avoir les mêmes droits civiques que tout américain, pour ces hommes et ces femmes c’est une véritable révolution que l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche. L’émotion légitime se mêle à l’espoir de voir prendre forme de vais changement dans une Amérique qui doute et qui subit de plein fouet la crise économique. Le « yes, we can » doit plus que jamais devenir un « Yes we must ! » sinon la désillusion sera à la mesure de l’espoir placé dans ce candidat d’un nouveau rêve américain.

Les chantiers qui attendent Obama

En premier lieu, il faut rappeler que Barack Obama prend la successions de l’administration Bush. Force est de constater que cette dernière laisse en effet un pays en guerre et dans une situation économique compliquée, avec notamment par les déficits colossaux.

La politique intérieure

Sur le plan intérieur, la situation économique est particulièrement tendue, principalement depuis que la crise financière se soit propagée dans les secteurs de l’économie « réelle ». La situation de l’emploi est inquiétante, le chômage augmente avec des suppression massives d’emploi dans des secteurs traditionnellement forts de l’économie américaine comme celui de l’automobile. Les  « Big Three », Général Motors, Chrysler et Ford, ont vu leur ventes baisser de presque 45 % ! Autre chiffres à faire tourner la tête : plus de 2 millions de postes de travail ont été détruits durant les 4 derniers mois de l’année 2008.

Par ailleurs, les déficits se sont aussi considérablement creusés, le déficit budgétaire pour l’exercice 2008 atteint près de 445 milliards de dollars, celui de 2007 était déjà de 162 milliards de dollars. Avec le Plan Paulson, certains économistes prévoient un déficit pour 2009 de l’ordre de 1000 milliards de dollars.  Le plan de relance avancé par l’équipe de Barack Obama s’élève à quelques 850 milliards de dollars… Autant dire que faire repartir l’économie américaine ne va pas être simple !

Barack Obama veut investir dans les énergies vertes, mais aussi lancer un programme d’investissement dans la construction et la recherche de 50 milliards de dollars. Côté finances publiques, il prévoit d’annuler les baisses d’impôts, revenant ainsi sur les décisions de la précédente administration. Cela passe notamment par le rétablissement de l’impôt pour les foyers les plus riches. Le principal objectif c’est de relancer la croissance et l’emploi au plus vite, sinon l’espoir pourrait faire long feu, notamment parmis les couches populaires touchées de plein fouet par la crise.

La politique extérieure

Au niveau international, là aussi les chantiers et dossiers chauds ne manquent pas. La nouvelle administration Obama va déjà devoir faire oublier le mauvais bilan de l’administration Bush sur un certain nombre de points chauds : le Proche-Orient, l’Irak et l’Afghanistan, sans oublier les relations avec l’Iran. La « guerre contre l’axe du mal » et autre lutte contre le « terrorisme » n’a pas vraiment porté ses fruits escomptés et a considérablement isolé les États-Unis et a pour le moins écorné leur image de pays de la liberté et de la démocratie.

Le silence assourdissant des États-Unis lors de la guerre menée par Israël à Gaza contre les Palestiniens illustre cette politique internationale menée par les États-Unis depuis plusieurs années maintenant, qui s’inscrit dans un recours à la force, unilatéral et disproportionné. Israël imite en cela son principal soutien que sont les Etats-Unis. au nom d’une alliance contre le terrorisme, presque tout est rendu possible : intervention militaire au mépris du droit international et des positions des Nations Unies, occupation de pays tiers, emprisonnement sans jugements, actes de tortures… Pendant la campagne il s’était engagé à fermer la prison de Guantanamo, s’il tient parole, ce serait déjà un signe fort pour le monde entier, un signe que l’Amérique tourne le dos à des pratiques indignes d’un pays démocratique, où des prisonniers n’ont finalement pas doit à un procès équitable et juste.

Tout cela Barack Obama devra l’assumer, c’est le bilan que lui laisse son prédécesseur.  Le silence d’Obama durant la campagne militaire israélienne à Gaza, est-il le signe du cautionnement et de la poursuite de cette politique internationale asymétrique ou bien aura-t-il « beaucoup de chose à dire après le 20 janvier », autrement dit lorsqu’il aura pris ses fonctions ?

Barack Obama s’est aussi engagé à retirer les troupes américaines d’Irak, tout en annonçant un renforcement sur le front Afghan. La présence d’Hilary Clinton au poste de secrétaire d’État en charge de la diplomatie américaine, constitue-t-elle  un signe fort pour le changement ? rien n’est moins sûr… Là encore beaucoup de questions restent en suspend.

Les premières déclarations et surtout les actes de l’administration  Obama apporteront des réponses à ces questions, notamment à la plus importante : l’Amérique avec Obama : quels changements ?


About Fabien

Géographe. Maître de conférences à l'Université de Caen Basse-Normandie.
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