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Alors que les vingt ans de la chute du mur de Berlin sont fêtés par l’ensemble des médias et des partis politiques, chacun peut se réjouir à juste titre que soit tombé le mur de Berlin en 1989, symbole d’un monde coupé en deux. Pourtant, force est de constater que bien d’autres murs continuent d’être érigés, renforcés et acceptés par beaucoup en différents endroits du monde.

9 novembre 1989 : La chute du mur de Berlin - AFP/Gérard MALIE-STF

9 novembre 1989 : La chute du mur de Berlin - AFP/Gérard MALIE-STF

Ces murs enferment eux aussi des populations, interdisent l’accès libre à certains espaces, réduisent le champ de la mobilité et les possibilités de mouvements.  Cisjordanie, Gaza, Ceuta, Melilla, Chypre, le long de la frontière entre le Mexique et les États-Unis, mais aussi au milieu du désert du Sahara occidental, etc. tous ces exemples rappellent que le mur fait bel et bien partie de la réalité politique contemporaine. Hier existait le rideau de fer entre deux blocs – capitaliste et socialiste – aujourd’hui il demeure un rideau de fer contre les sud le long des frontières du sud des États-Unis, au sud de l’Europe par exemple.

6 novembre 2009 - Des Palestiniens tentent de faire tomber le mur

6 novembre 2009 : Des Palestiniens tentent de faire tomber le mur

Et il y a la construction du mur en Palestine, en Cisjordanie comme autour de la bande de Gaza, où l’État israélien impose par la force un contrôle unilatéral sur l’espace et sur les populations, cloisonnant les palestiniens dans des enclaves d’où ils ne peuvent que très difficilement sortir ou entrer.

Dernier exemple de l’absurdité de cette réalité, l’arrestation le 1er novembre dernier de Berlanty Azzam, étudiante palestinienne. Un des multiples exemples qui traduit  les conséquences de ce mur qui se construit sous le regard au moins complice par inaction des grandes démocraties occidentales (États-Unis et Europe notamment).

Berlanty Azzam, étudiante de 4ème année inscrite à l’université de Bethléem, pour une formation en administration des entreprises avec une formation, complémentaire en interprétariat, est en ce moment détenue par les autorités militaires israéliennes.

Les autorités militaires israéliennes détiennent cette étudiante chrétienne de 4ème année au centre de détention Sharon près de Netanya et menacent de la transférer à Gaza « parce qu’elle a essayé de poursuivre ses études à l’université de Bethléem. » Berlanty est originaire de Gaza, mais elle vit en Cisjordanie depuis 2005, après avoir reçu un permis de déplacement pour passer de Gaza en Cisjordanie.

Berlanty est une étudiante de 4ème année – mais aujourd’hui elle a été arrêtée par l’armée israélienne à un point de contrôle alors qu’elle se rendait d’une partie de la Cisjordanie à une autre partie de la Cisjordanie. L’armée israélienne a interdit aux résidents palestiniens de Gaza d’étudier dans les universités palestiniennes de Cisjordanie.

Traverser le mur est un risque que prennent nombre de Palestiniens pour tenter de continuer à vivre « normalement » malgré le mur qui se construit. Traverser le mur du sanctuaire nommé Europe est un risque qui coûte des vies aux migrants subsahariens, comme il en coûte la vie aux migrants sud américains pour traverser le mur qui se construit le long de la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Combien d’années encore faudra-t-il attendre pour fêter la chute de ces murs-là ?


Commentaires

Toto le 17 avril, 2013 à 19 h 44 min #

Il y a également les murs physiques, et les autres. Ceux qui par nos lâchetés collectives, postent dans nos esprits des gendarmes qui face à l’inacceptable, nous incitent à l’inaction, ou à la soumission.


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