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Les hypothèses de recherche sur les relations frontalières

Les hypothèses de recherche sur les frontières




3 hypothèses principales structurent l'ensemble de l'approche des relations frontalières. Ces trois hypothèses sont les suivantes :

La frontière est un compromis social
 

1 L'idée de compromis social renvoie à plusieurs idées fortes et se décline sous des aspects historique, politique, économique, culturel, linguistique... Considérée ainsi, il faut voir la frontière comme quelque chose de "vivant", c'est-à-dire en constante évolution, qui suit les changements inhérents à toute société et qui engendre toute une série de transformations, de renversements, d'alternances et de confrontations, d'ambiguïtés et de jeux contradictoires. La frontière matérialise des processus et des dynamiques produits dans le cadre des rapports de pouvoirs où s'affrontent et se neutralisent différentes forces.
En outre, l'idée de compromis fait référence à la réciprocité, au lien et au rapport à l'autre. Dans cet esprit, la frontière rassemble à la fois les idées de clôture et de délimitation, mais aussi d'ouverture et de commencement. C'est donc en ce lieu de contact et de rupture que les rapports auxquels la frontière donne lieu, sont expression des sociétés, de leurs valeurs et des liens qu'elles tissent entre elles et avec l'espace.

La frontière matérialise des rapports sociaux
 

2 Les sociétés sont diverses et expriment une réalité en mouvement, produite dans le cadre de rapports sociaux. Les étudier, c'est s'intéresser aux relations que les hommes entretiennent entre eux sur des bases économiques, culturelles, linguistiques, idéologiques, etc. Ces rapports qui prennent forme dans les contradictions et dans la complexité qui caractérisent les groupes humains, offrent une sorte de langage dialectique de la vie des hommes en société. Les rapports à l'espace sont l'une des expressions des rapports sociaux et de leurs dynamiques. Les frontières constituent dans la façon dont elles sont perçues et vécues, une entrée permettant de saisir les rapports socio-spatiaux.
C'est à ce point de jonction des représentations et relations à l'espace et à l'autre que se pose la question du rapport aux limites. L'organisation des sociétés et des états influence-t-elle les rapports sociaux ? Comment la frontière peut matérialiser l'identité collective ? Autant de pistes qui s'ouvrent et d'interrogations qui naissent. Matérialisation des rapports sociaux, la frontière n'échappe pas aux dimensions sociologiques, économiques, culturelles, religieuses, collectives. Le couple rapports sociaux et frontière offre aussi l'opportunité de s'interroger sur le rôle et l'influence des inégalités sociales dans l'organisation et la représentation de cet espace-limite.

Les relations frontalières
sont affectées par la mondialisation

3 Enfin, la mondialisation constitue une troisième entrée dans la problématique de la frontière chaude. La mondialisation et le libre-échangisme ont transformé les rapports sociaux et les représentations. Plusieurs questions se trouvent alors introduites, car l'évolution des sociétés se fait aussi bien au niveau organisationnel qu'idéologique. Quel rôle et influence joue la mondialisation dans les rapports frontaliers ? Comment le développement des échanges et les politiques stratégiques des grands groupes multinationaux par exemple, ou encore les évolutions des pouvoirs (lieux de décisions, détenteurs de capitaux...), transforment-ils les relations frontalières ?
Derrière l'uniformisation progressive des modes de vie, les résistances auxquelles ce processus donne lieu, les craintes et pertes de repères qu'il suscite représentent autant de processus à considérer dans la redéfinition du contexte international que certains avaient pu croire, simplifié avec la chute des pays socialistes. Il demeure une instabilité constante dans les relations frontalières. Dans l'éveil soudain des volcans identitaires, dans l'embrasement irrédentiste de diverses régions du globe, dans la fièvre du nettoyage ethnique qui divise si souvent, la volonté de contrôle de l'espace, la revendication territoriale, l'appropriation, le fractionnement et la séparation semblent contrebalancer le visage mondialisé et uniformisé de l'économie de marché. Bien loin de produire des rapports sociaux apaisés, dépourvus de conflits et d'oppositions, la mondialisation capitaliste, du fait même des logiques de concurrences généralisées contribue à entretenir les divisions sociales et spatiales. Plus encore, peut-être pourrions-nous dire qu'elle a besoin de ces lignes de démarcation sociales que représentent les frontières pour tirer profit des différences et des inégalités, entre les pays, entre les sociétés et les individus.


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