
Les frontières :
un terrain de recherche
aux multiples visages...
Frontière : une introduction à la notion
Frontière. Le mot a depuis longtemps intéressé le militaire, l’homme d’État, le géographe, le citoyen...
Plus exactement, le concept a connu une évolution certaine au fil du temps, selon les contextes politiques, économiques, sociaux, idéologiques...
Les frontières s'imposent aux regards et aux corps des hommes et des femmes qui tentent de les traverser, en quête d'un ailleurs meilleur...
C'est un instrument de contrôle et de domination. C'est aussi une production sociale, historique, évolutive selon les rapports de force. La frontière constitue un espace de contacts et de frottements. La forme et la nature des relations varient selon le contexte géographique, historique, politique, économique, culturel...
C’est un concept central dans les discours idéologiques en vogue, tantôt avec leur effacement et leur ouverture, tantôt au contraire avec leur renforcement dans le cadre de l’idéologie du « territoire » et de « l’identitaire ».
Dans ces contextes idéologiques, la notion de frontière (re)trouve un écho particulier auprès des sociétés humaines. En différents points de la planète, la violence et le conflit le rappellent chaque jour...
Les terrains de recherche

« Tracer une frontière est un acte géopolitique par excellence puisqu’il s’agit de délimiter des aires d’exercice de la souveraineté, d’inscrire le politique dans l’espace ».(p. 69)

Michel Foucher ("Frontières à retracer : un point de vue de géopoliticien", Frontières et limites, acte de séminaire, Centre Georges Pompidou, Paris, 1991, 202 pages).
Frontières, barbelés et murs...
Sous toutes ses formes la frontière donne matérialité à une inscription spatiale des relations de pouvoir...On retrouve sur les différents continents et dans les divers pays, les barbelés, les murs, les fossés, les no man's land...
L'espace est à la fois support et outil : support d'une volonté politique, outil pour la matérialiser et l'imposer. Plus que contrôler l'espace, c'est bien contrôler les hommes qui y vivent et les ressources qu'il concentre qui est l'enjeu...
Au Liban (à gauche) comme au Mexique (ci-dessous), l'espace est marqué par le tracé de la frontière ou bien utilisé pour la symboliser. Le Rio Grande matérialise l'une des frontières les plus surveillées au monde : celle qui sépare le Mexique des Etats-Unis. Mais bien plus qu'une frontière entre deux Etats, n'est-ce pas aussi une frontière entre deux "mondes" ? Deux "mondes", c'est-à-dire celui du "Nord" riche et développé et celui du "Sud" pauvre et aux économies fragiles.
Dans un autre contexte, entre le Liban et Israël, pas de démarcation "naturelle", pas de fleuve. La frontière est un trait tracé et matérilisé par le barbelé, ou le mur... Elle est tout autant un symbole de séparation fort et lieu de confrontation armé...





